MES TREIZE ANS

Publié le 21 Juillet 2012

          MES TREIZE ANS

Les os saillants et de grands yeux vides,

Hélas, parfois inexpressifs ou perplexes

Figent le désarroi de mes treize ans,

Terrifiés par quelques fragiles émotions.

Mon coeur bat sous les éclats des obus.

Mon avis ne compte pas pour l'avenir ...

Mon front manifeste une lutte sans fin,

Créée par les traits grossiers de la fatigue.

Même si l'avenir me fascine, mordeur,

Comme une longue chronique discutée,

La cruauté du sort chuchote l'annonce

Du fracas de mes illusions dissimulées.

Réussissant à échapper aux statistiques,

Qui situent la mortalité sur un sommet,

Mes treize ans se fêtent dans la tragédie.

Mon coeur bat sous les éclats des obus.

L'odeur continue du souffre s'aspire,

Enflamme sans répit mon faible corps.

Fiévreux honteux aux migraines variées,

Le dispensaire est un besoin grandissant

Auquel je pense comme un proche ami.

Sa chic protection m'invite à le rejoindre.

Je survis à la peur, en marge de l'école

Laissant la justice de la rue faire son ordre.

Mais averti, mes yeux de détresses implorent

De ne pas glisser vers cette mort si précoce.

Résigné au décor âpre des débris persistants,

D'une ville transformée en arène sanglante,

Mon coeur bat comme un appel à l'attention

Et triomphe chaque jour à la caresse d'espoir.

De cette façon, la sueur moite m'encourage

A vouloir se dérober et tout recommencer,

Malgré la guerre et les maladies ravageuses,

Les doigts lourds et les pieds bien abimés.

Un rien enfièvre mes veines et mon corps.

Peut-être pour trouver la force de décamper ?...

 

 

                          Pascal RONZON

Rédigé par Saslac

Publié dans #Poésie - Textes

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